• La Prétendante
La Prétendante

La Prétendante

Ségolène Royal a tout pour plaire. Et pourtant, elle ne doit pas devenir la première présidente de la République. Voici pourquoi. Experte de la vie politique, Cassandre connaît bien Ségolène Royal. Extrait du livre : Mme Royal a tout pour plaire, mais... Une femme présidente de la République française. Une femme de gauche, quinquagénaire, belle à regarder, intéres­sante à écouter, une femme de confiance. L'affiche, assurément, est alléchante. Mieux encore : convaincante. Pour les générations de femmes qui, seulement après-guerre, ont connu le droit de vote sous le règne éphémère du général de Gaulle durant la IV6 République, voir l'une d'elles accéder aux plus hautes fonctions de l'État représenterait mieux qu'un rêve. Plutôt une aspiration profonde à voir s'instaurer naturellement dans la conduite des affaires publiques une véritable parité. Pas de primauté féminine. Seulement le constat que le sexe féminin est apte à gouverner, à surmonter la complexité, à imposer sa différence dans les choix qui engagent la France, qu'ils soient politiques, économiques, sociaux, écologiques, scientifiques, internationaux, voire militaires. Bien des femmes garderont le regret de n'avoir pas vu une personnalité de l'importance de Simone Veil accéder à la fonction suprême. Combien de combats cette femme admirable de courage et de discrétion aura-t-elle menés sa vie durant, de l'enfance, marquée par la tragédie du nazisme, à l'âge adulte où elle supporta toutes les insultes, allant droit devant pour imposer une des lois les plus audacieuses et libératrices qui soient, celle permettant l'interruption volontaire de grossesse. Au tour de la gauche En 2007, après douze années d'un règne chiraquien creux et décevant, débilitant même dès lors qu'on tente d'en faire un bilan sérieux, tout porte à croire qu'un candidat de gauche l'emportera. Sauf accident. Sauf choix de la mauvaise personne. La popularité de Mme Royal, contre toute attente, a atteint des sommets inconnus pour un responsable de gauche depuis bien des années. Effacés les Kouchner et les Lang, rentiers d'une popularité issue de succès anciens acquis aux beaux temps de la Mitterrandie. Certes, sondage ne vaut pas élection. Ils le savent, les Michel Rocard, les Edouard Balladur et autres Raymond Barre. Les études d'opinion qui portent Mme Royal au pinacle sont à l'évidence à prendre avec prudence. Jamais un candidat parti de si loin n'est arrivé premier au poteau. Voilà pour la jurisprudence électorale. Il est vrai toutefois que Mme Royal semblant encline à battre les records, à faire bouger les lignes et à démentir tous les pronostics, on pourrait lui faire le crédit de l'inédit, du jamais vu, du raz de marée qui viendrait bouleverser toutes les références. Voir la suite

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  • Philippe Rey

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