• Dominique Penloup, pastiches et mélanges
Dominique Penloup, pastiches et mélanges

Dominique Penloup, pastiches et mélanges

Dessiner sur une enveloppe ou la transformer, quitte à la rendre méconnaissable, jouer avec la disposition des timbres o u en ajouter de son cru, interpeller le facteur, lui demander entre les lignes de se dépêcher, ces jeux-là sont aussi anciens que le courrier même. La pratique de l'Art Postal ou Mail Art est très simple, il suffit de compliquer les choses. Eux aussi en leur temps - Breton, mm, Picasso, Prévert - ont pris quelque malin plaisir à poster des plis à la fois intimes et publics, histoire de provoquer chez le récepteur un avant-goût de surprise, parfois de stupéfaction. Il faudra encore attendre les années soixante pour que se généralise l'Art Postal dont aujourd'hui nous subissons, ou apprécions, formes et contenus. Au reste il s'agit de courants d'art expédiés en s'affranchissant des habitudes postales. L'adresse du destinataire devient une devinette, l'enveloppe une allusion, une illusion à -jeter bouteille lancée à la mer - par la fente d'accueil des boîtes aux lettres. Dès lors toute arrivée à bon port de l'envoi hors norme est déjà triomphale. On imagine à rebours la trajectoire hasardeuse. On admire la sagacité du facteur. Pierre Alechinsky Échange épistolaire entre les artistes Pierre Alechinsky et Dominique Penloup, d'abord anonymement de la part du second avant que le premier ne se prête au jeu, en dignes héritiers de l'art postal. Aux courriers échangés de 1997 à 2005, répondent joliment et poétiquement les reproductions des enveloppes ayant pour support de «vieux papiers» (factures, actes notariés, correspondance privée, emprunts, obligations, comptabilité...) décorés, transformés, détournés, que les deux artistes se sont envoyés régulièrement. Ce très bel ouvrage en forme de livre d'artiste fort inventif conçu par Pierre Alechinsky lui-même, où jeux de mots et jeux d'images se côtoient, saura ravir les amateurs d'Alechinsky, de Penloup et de Mail Art. Cet ouvrage accompagne l'exposition qui se tiendra à l'Orangerie de Sens, du 14 juin au 28 septembre 2008. Extrait du livre : NÉ PAR UN BEAU DIMANCHE de mars en 1952, à Lisieux, c'est en vain que j'ai guetté une pluie de roses, toutes les âmes ne s'appellent pas Martin. Et voilà, on n'avait pas encore marché sur la lune que j'avais déjà la réputation d'y être. Enclin à la rêverie, j'éprouvais plus d'ennui que de plaisir sur les bancs de l'école. C'est avec le certif en poche sésame de l'époque que j'allais découvrir les joies de l'imprimerie la vraie ! Celle de l'encre, du marbre, du composteur et de sa typo au plomb. C'était encore trop tôt pour que j aie, à l'époque, conscience du cadeau qui m'était fait. En 1973, frais amoureux de la belle Marie, j'allais apprendre à conjuguer en sa compagnie l'anagramme de son prénom. La même année, je présentais le concours d'entrée aux Beaux-Arts de Paris. C'était à André Malraux, que L'on devait cette largesse : l'ouverture de l'école aux non bacheliers lui-même ne Tétait pas. Je n'ambitionnais pas pour autant de devenir ministre. J'avais d'autres chats à fouetter. Je voulais seulement peindre, un peu, beaucoup, etc. Peintre, j'allais le devenir, tout comme j'allais me mettre à la gravure sans m'en apercevoir. J'ai découvert pêle-mêle l'histoire de l'art (passionnante), son marché, le monde des galeries (déroutant), c'est là que j'ai reçu mon premier chèque en bois expérience pleine de richesse. Aujourd'hui, je possède une forêt de pinceaux, j'ai comme tout un chacun des bleus (à l'âme) mais je n'échangerais pas mon vert de vessie pour des lanternes. Je sais également que ce n'est pas avec ma peinture que je serai le plus riche du cimetière. Passer ou non à la postérité me laisse froid. Dominique Penloup Voir la suite

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