• Les gitans
Les gitans

Les gitans

«Les Gitans sont des nomades» ■ «Les Gitans vivent des allocations» m «Les Gitans sont des voleurs» «Les Gitans sont trè s croyants» ■ «Les Gitanes savent lire dans les lignes de la main» ■ «Les Gitans aiment leurs enfants et leurs vieux» m «Les Gitans ont la musique dans le sang»... Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir. Marc Bordigoni est chercheur au CNRS-IDEMEC (Institut d'Ethnologie Méditerranéenne et comparative). Chargé notamment d'une activité de recherche autour de «la présence tsigane», il s'attache depuis de nombreuses années à révéler le vrai visage de ce peuple. Persécutés au cours de l'histoire, rejetés encore aujourd'hui, les Gitans inquiètent. On loue leur sens de la ramille, leur culture... mais on leur interdit l'entrée dans nos villages. Cet ouvrage est une invitation à ouvrir nos portes... et nos esprits. Extrait du livre : «On ne sait pas comment les appeler.» On tient, n'est-ce pas à connaître les gens que l'on reçoit ? Or, de toute éternité, nous avons en France des hôtes sur le compte desquels on savait très peu de choses, si ce n'est rien. Appelez-les Gypsies, Tziganes, Bohémiens, Romanichels, Gitanes ; tous, issus de la même race, ne se soumettaient qu'à de bizarres lois qui leur étaient propres. [...] Le ministre de l'Intérieur a voulu régulariser, autant que possible, la situation de ces errants au milieu desquels peuvent se cacher nos pires ennemis. Il a ordonné leur recensement général. Le Petit journal, supplément illustré, dimanche 5 mai 1895 Selon les pays, les régions et les périodes, les noms donnés aux Gitans ont varié. Plutôt que d'enregistrer ces variétés, qui reflètent aussi des différences entre les familles vivant sur le Voyage, la tentation a toujours été de trouver un terme qui définirait de manière globale tous ces mondes variés. Tsiganes Si les Bohémiens font partie du paysage rural français depuis le XVe siècle, les Tsiganes n'y apparaissent qu'à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Le mot lui-même est utilisé en français pour la première fois en 1826 pour parler de populations vivant en Russie. Victor Hugo, en 1832, et Alphonse de Lamartine, en 1835, ne l'emploient pas encore mais se servent des termes zingara et zingari. Pour Hugo, plusieurs mots sont synonymes : «J'avais su qui tu étais, égyptienne, bohémienne, gitane, zingara, comment douter de la magie». Pour les journalistes, et le public du XIXe siècle, il y a pourtant une différence entre les familles de Bohémiens que l'on connaît de longue date, qui ont plutôt l'air de pauvres errants et ces tribus hirsutes, aux femmes fumant la pipe, vêtues de tissus bariolés et portant «sequins et clinquants» - des pièces d'or -autour du cou, les Tsiganes. Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que les efforts conjugués de la presse et de l'État feront admettre l'appartenance à une même communauté (celle des nomades) des uns et des autres. Voir la suite

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  • Cavalier Bleu Eds

  • Idees Recues, numéro 134

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